Mon enfant fait des crises de colère : que faire ?
Ça peut partir de rien. Un refus, une frustration, et en quelques secondes votre enfant est hors de lui. Il crie, il frappe parfois, il dit des choses difficiles à entendre. Et vous ne savez plus si vous devez intervenir, ignorer, ou partir dans l'autre pièce avant de perdre vous-même votre calme.
Ce qui se passe dans son cerveau
Pendant une crise de colère, la partie du cerveau qui gère les émotions a pris le dessus sur celle qui raisonne. Ce n'est pas de la manipulation, ce n'est pas du caractère difficile. Votre enfant est littéralement débordé par quelque chose qu'il ne contrôle pas encore.
Chez les enfants de moins de 7 ans, c'est normal développementalement. Le cerveau n'a pas encore les connexions pour réguler les émotions fortes. Ça ne veut pas dire qu'on laisse tout passer, ça veut dire qu'on adapte ce qu'on attend de lui. Chez les enfants plus âgés, des crises fréquentes et intenses indiquent souvent qu'il y a quelque chose à comprendre, pas seulement à contenir.
Pendant la crise
Raisonner ne fonctionne pas. Le cerveau n'est pas en état de traiter des arguments, des explications ou des conséquences. Votre calme à vous est la seule chose réellement utile dans ces minutes, ce qui est plus facile à écrire qu'à faire quand votre enfant vous crie dessus depuis dix minutes.
Rester physiquement présent sans alimenter la crise. Ne pas céder à la demande qui a déclenché la colère, parce que ça enseigne qu'une crise est un moyen d'obtenir ce qu'on veut. Mais ne pas non plus empiler les punitions dans le feu de l'action, ça ne fait qu'ajouter du bruit à du bruit.
Si vous sentez que vous aussi vous allez exploser, sortir de la pièce quelques secondes n'est pas un échec. C'est souvent plus utile pour tout le monde que de rester et de monter d'un cran.
Si votre enfant risque de se faire du mal ou de blesser quelqu'un, c'est la seule raison d'intervenir physiquement, avec douceur et fermeté.
Après la crise
Attendez qu'il soit vraiment calme avant de parler. Pas deux minutes après la dernière larme : vraiment calme. Puis abordez ce qui s'est passé sans accusation : « j'ai vu que tu étais très en colère tout à l'heure, qu'est-ce qui t'a mis dans cet état ? »
Ce que vous ne dites pas compte autant que ce que vous dites. « Tu as été honteux », « t'as vu comment t'étais ? » ferment tout. L'enfant se referme sur sa honte et n'apprend rien sur la gestion de ses émotions.
L'après-crise est le vrai moment d'apprentissage, pas pendant. C'est là que vous pouvez nommer ce qu'il a ressenti, lui donner des mots, lui montrer qu'on peut parler de la colère sans qu'elle devienne une catastrophe.
Il y a aussi la question de votre propre culpabilité après. Si vous avez crié vous aussi, si vous avez dit quelque chose que vous regrettez, vous pouvez le reconnaître devant votre enfant. Ce n'est pas une perte d'autorité. C'est lui montrer concrètement qu'on peut reconnaître ses erreurs.
Si les crises sont très fréquentes
Des crises plusieurs fois par semaine, très intenses, qui durent longtemps, ou qui augmentent en fréquence méritent d'être regardées de près. Ce peut être de l'anxiété non exprimée, un trouble de l'attention, une hypersensibilité, ou simplement un enfant qui n'a pas encore les outils pour gérer des émotions fortes.
Vous sortez d'une crise et vous êtes épuisé ?
Dr Mind vous aide à comprendre ce qui se passe avec votre enfant et à trouver une approche qui correspond à son fonctionnement.
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