Mon enfant pleure devant ses devoirs : quoi faire ce soir ?

C'est la même scène presque chaque soir. Il ouvre son cahier, il voit l'exercice, et ça part en larmes. Parfois en colère. Vous avez essayé d'expliquer, de rassurer, de vous fâcher. Rien ne marche vraiment, et vous commencez vous aussi à redouter ce moment de la journée.

Ce n'est pas de la paresse

Le premier réflexe de beaucoup de parents, c'est de penser que leur enfant ne fait pas assez d'efforts. Dans la grande majorité des cas, c'est faux. Un enfant qui pleure devant ses devoirs n'est pas paresseux. Il est bloqué, et il souffre de l'être.

Le blocage peut venir de beaucoup d'endroits différents : une notion qui n'a pas été comprise en classe, une anxiété de la performance qui s'est installée sans qu'on s'en rende compte, une difficulté d'attention, ou simplement un mode de fonctionnement qui ne correspond pas à la façon dont la leçon a été présentée. Ce n'est pas toujours visible, et ce n'est pas toujours simple à identifier seul.

Pourquoi expliquer ne suffit pas

Quand votre enfant est en larmes, son cerveau est en mode survie. Dans cet état, apprendre quoi que ce soit est très difficile. Expliquer l'exercice à ce moment-là, même très clairement, même patiemment, a peu de chances d'aboutir. Vous parlez à quelqu'un qui n'est plus en mesure de recevoir.

Ce qu'il faut d'abord, c'est faire redescendre l'émotion, avant de reprendre le devoir. Ça peut prendre cinq minutes, ça peut en prendre vingt. Mais tant que votre enfant est submergé, la pédagogie ne passera pas. Ce n'est pas du temps perdu : c'est la condition pour que le reste soit possible.

Votre propre état compte aussi. Si vous êtes fatigué, si vous aussi vous sentez la frustration monter, vous n'êtes pas dans les meilleures conditions pour aider. Ce n'est pas un reproche : c'est une réalité. Parfois souffler deux minutes avant d'intervenir change tout le reste de la soirée.

Ce que vous pouvez faire ce soir

Asseyez-vous à côté de lui, pas en face. Posez votre main sur son dos s'il le tolère. Dites quelque chose de simple : « je vois que c'est dur ce soir », sans chercher à résoudre immédiatement. Juste reconnaître. Beaucoup d'enfants se calment plus vite quand ils sentent qu'ils ne sont pas seuls avec ce qu'ils ressentent.

Une fois qu'il est plus calme, demandez-lui de vous montrer exactement où il coince, pas ce qu'il ne comprend pas en général : l'endroit précis dans l'exercice où il se perd. La phrase qu'il ne comprend pas. Le mot qu'il n'a pas. La plupart du temps, le blocage est beaucoup plus localisé qu'il n'y paraît, et une fois qu'on l'a trouvé, la suite se débloque souvent seule.

Si la crise est trop avancée pour travailler, il vaut parfois mieux arrêter les devoirs pour ce soir et reprendre le lendemain matin avec un cerveau reposé. C'est une décision difficile à prendre, surtout avec la peur du lendemain et du regard de l'enseignant. Mais un devoir fait dans les larmes à 22h n'est souvent ni bon pour l'apprentissage ni bon pour la relation.

Si ça se répète chaque soir depuis des semaines

Des pleurs ponctuels sur un devoir difficile font partie de la vie scolaire. Mais quand c'est systématique, quand votre enfant redoute les devoirs dès le matin, quand il dit qu'il est « nul » ou qu'il « n'y arrivera jamais », c'est le signe qu'il y a quelque chose de plus profond à comprendre.

Ça ne veut pas dire que votre enfant a un problème grave. Ça veut dire qu'il a besoin d'une aide adaptée à son fonctionnement, pas d'une explication de plus. Un enseignant, un orthophoniste, un psychologue scolaire peuvent voir des choses que vous ne pouvez pas voir parce que vous êtes trop proche, parce que vous êtes son parent, parce que vous l'aimez, et que ça brouille parfois la vue.

Ce soir vous ne savez plus quoi dire ?

Le guide Dr Mind sur les blocages scolaires vous donne les mots exacts à utiliser selon la situation de votre enfant. Pas des conseils généraux : une conversation guidée adaptée à ce que vous vivez.

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